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29 mai 2011

Rations de survie

Sachez, lectrices, que l'ambiance est morose dans la salle des profs . Vous n'êtes pas sans ignorer que sévissent en ces lieux une large majorité de femmes. Et de quoi parlent ces dames, à l'approche de l'été ? Je vous le donne en mille : de régimes. Ca parle Dukan, ça se détoxe, ça compte ses points WW. C'est l'enfer.
Pour l'anecdote, les mêmes se foutaient de moi il y a trois semaines quand elles ont appris que j'étais végétarienne.
Je ne comprend pas cette obsession des régimes chez des femmes n'ayant ni problèmes de poids, ni soucis de santé. Pour ma part je suis contre, absolument contre. Et pourtant, j'en ai, des complexes et Dieu sait si je suis obsédée par ma ligne. Paradoxe ? Je ne crois pas.

 (On peut aussi arrêter de délirer cinq minutes mais c'est moins drôle, c'est sûr)

La base de mon alimentation est avant tout végétarienne : fruits, légumes, légumineuses bios. Je consomme très très peu de viande : uniquement intégrée aux plats préparés par autrui (je suis très attachée à une forme de respect gastronomique). Par contre, j'use avec prodigalité des sous produits animaux (lait, oeufs) et du poisson, indispensable. Je ne prive pas non plus des féculents, que je choisis le plus souvent complets et bios. Je suis très attachée à la qualité gustative de ce que je mange, c'est pourquoi j'ai renoncé sans problèmes à la nourriture industrielle. Je cuisine mes gâteaux et préfère boire un bon vin qu'un soda à l'apéritif.
Étant gourmande, j'ai plusieurs péchés mignons : la trilogie infernale (pain/beurre/fromage), les pâtisseries délicates de mon salon de thé préféré, les tourtes, quiches ou cakes salés et j'en passe. Je ne me prive de rien, jamais.
Toutefois, je marche beaucoup, équilibre mes repas sur la semaine (et pas sur la journée, impossible), bois des litres de thé. Je veille à ne pas prendre ma voiture pour faire cent mètres et à manger à ma faim, ce qui m'évite de grignoter.
Une collègue à qui j'expliquais tout ça s'est exclamée : "mais c'est ce que j'essaye de faire, me rééduquer, apprendre à bien manger !". Faut-il autre chose que du bon sens pour cela ?

NB : Cet avis concerne avant tout les régimes esthétiques (perdre trois kilos avant le bikini) et n'implique aucun jugement.

2 février 2011

Voyage autour du Monde comme si...2

Comme il a été dit avant, je vais donc évoquer la langue bretonne comme exemple typique de construction culturelle artificielle vendue comme authentique. 

Tout d'abord, il faut savoir qu'il existait jadis une foultitude de façon de parler en Bretagne. 
En Haute Bretagne (de Nantes à Saint Brieuc), on parlait un français local appelé Gallo et en Basse Bretagne (de Saint Brieuc à Brest) un breton riche et multiple divisé en quatre dialectes : vannetais, trégorois, léonard, cornouaillais. 
Après la première guerre mondiale, une bande d'intellos plus ou moins allumés, n'étant pour la plupart pas bretonnant de naissance (un comble) s'est mêlé de sauvetage linguistique et a donc inventé une sorte d'Esperanto mélant tous les dialectes et une bonne dose de gallicismes. Cette fine équipe, Roparz Hemon en tête, avait mis au point un discours publicitaire bien construit quoique aberrant.  Ils ont donc présenté leur trouvaille comme un breton littéraire, adapté au monde moderne, possédant enfin une grammaire et pouvant donc contribuer à la gloire et à la force d'une nation Bretonne autonome. Tissus de bêtises, c'est aisément démontrable. 
  • Il existe une littérature orale absolument magnifique en breton "d'origine", s'exprimant par exemple à travers des chants (les gwerzioù en particulier) et les contes. 
  • Le breton d'origine bien que peu écrit, possédait de toute évidence une grammaire. Toute langue possède une grammaire sinon on ne peut pas la parler. 
  • Les créateurs de cette novlangue visaient avant tout l'émergence d'une élite bretonne autoproclamée parlant un bon breton (appris avec peine d'ailleurs) méprisant le galimatias général. Visiblement, le fait que les variantes linguistiques ne nuisent en rien à la paix intérieure d'une région ou d'un pays ne leur a pas du tout sauté aux yeux. Si j'étais vache, au vu de ce que j'ai appris sur le sujet, j'ai bien envie de dire que la plupart des promoteurs du KLT n'étaient pas bien malins mais quand même...
Et quid du breton et du Gallo parlé par une grosse frange de la population ? Le Gallo : poubelle (trop français). Tout le monde va apprendre et réapprendre à parler correctement le brezhonneg, y compris les brittophones de naissance, ces foutus paysans qui parlent n'importe comment, les pauvres. 

Bécassine s'en va sauver le monde.
 Et ouais. Dix crétins ont réinventé une langue contre les usages linguistiques de toute une population et avec un mépris incroyable de la culture, des particularités et de l'histoire des territoires et des gens qui y vivent. Énorme non ?

Le pire, c'est que ça a marché. Le KLT est la « langue » apprise à Diwan , dans les filières bilingues, dans les cours de breton. Heureusement, certains enseignants ont le bon sens d'indiquer les particularisme des différents terroirs mais ça ne se fait pas encore partout je pense. Que cette langue n'ai jamais été parlée comme langue maternelle, que les générations ne se comprennent pas, qu'elle trimballe un fort relent de souffre collabo n'a l'air de déranger absolument personne. 
Depuis cinquante ans, on nage en plein délire.

(La suite bientôt...)

1 février 2011

Voyage autour du Monde comme si...

Actuellement, je lis "Un Monde comme si" de Françoise Morvan, qui analyse avec précision (et parti pris) la pseudo culture bretonne qu'on essaie de nous fourguer à longueur de temps.

La pseudo culture bretonne, c'est quoi ? C'est la marque Bretagne, Nolwenn Leroy, le Festival Interceltique (ce vaste fourre tout), la celtitude, la "Bretagne, Terre de Légende" (ou de Mystère, ou de Tradition, au choix), les bigoudènes, la Breizh Touch'. C'est tout ce qui sent plus ou moins le tourisme et ce qui parfois passe pour du vrai : exemple le Breton bricolé de Roparz Hemon (ou KLT : Kerne-Leon-Treger), le Gwen ha Du, le panneau Saozon Sevigneg à Cesson Sévigné (près de Rennes) ou l'on a jamais, mais jamais parlé breton.

La vraie culture, c'est quoi ? C'est le breton et le gallo, c'est les talus dans les campagnes, l'accent du pays et le français local, les vieilles chapelles. C'est faire des crêpes une fois par mois et pas une fois par ans, aller au fest noz comme en boîte et prendre ses RTT les jours de grande marée pour ne pas rater la pêche.
Ce que j'appelle improprement la vraie culture est une culture vécue naturellement dans le quotidien, issue ou non de la tradition et par certains aspects spécifique à une société précise. C'est un mode de vie, des attitudes sans logo Breton-Pur-Sel apposé dessus. 

Il le fallait.

La pseudo culture est vendue comme étant authentique aux touristes et présentée comme historique aux bretons de souche. Si cette gigantesque arnaque n'était qu'une extension commerciale de la culture traditionnelle, passe encore. Mais non en fait. Sachez que tout ça c'est du vent. C'est une relecture, ré-écriture, re-création voire une invention complète, souvent au mépris de ce qui existait réellement.

J'évoquerai demain un exemple qui m'est cher : le breton.

12 novembre 2010

En danseuse.

En ce moment, j'aime donc beaucoup m'inspirer de l'univers de la danse classique. Rien de plus facile en effet, on trouve dans tous les magasins de quoi jouer les Pavlova du dimanche.

J'ai choisi une jupe Promod en guise de tutu, très joliment brodée façon guipure, légèrement plus subtile que les superpositions de tulle que l'on peu voir partout. Je ne peux pas m'empêcher d'y retrouver un peu les costumes de Gisèle ou des Sylphides...



Une petite laine (mohair ou cachemire) par là dessus et une paire de guêtre (j'en possède de toutes les couleurs tant je les trouves pratiques) car les salles de répétition sont froides. Des ballerines enfin, Repetto bien sûr (merci Ebay).




Finalement, je reprend goût aux talons plats et aux gros pulls (mais pas jacquards pitié !) si ils sont allégés par un jupon brodé. Quitte à jouer les fonds de corps de ballet sur le retour, je trouve que le style Bolchoï permet de passer l'hiver de manière à peu près gracieuse.

6 novembre 2010

Inspirations pointues

Depuis peu, j'aime bien jouer les danseuses du bolchoï en retraite. Quelques inspirations.





Tutu d'Odette (porté par la mythique Pavlova)
Sabine Leblanc & Nicole Amigues,(Photo by Walter Sanders)
Bolshoi Theater (Photo by Howard Sochurek)
Polina Semionova (photographe inconnu)

19 septembre 2010

Trésor d'Oriant

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J'ai acheté cette jupe la semaine dernière. Selon la vendeuse, j'étais la première à l'essayer depuis son arrivée dans le magasin. La nouvelle collection a pour thème le folk slave. J'accroche, évidemment. En particulier à cette jolie petite chose. Je suis bien la seule. Le tissu imprimé rebute, c'est curieux.
Soit dit en passant, les habitants de cette petite cité portuaire ne brillent pas par leur originalité vestimentaire. Même dans les enseignes les plus connues, je dois passer commande pour satisfaire mes caprices. En effet, ma ville est peuplée de cette bourgeoisie de centre ville portant polos et mocassins avec la raie sur le côté (mais relativement fauchée selon les commerçants : il n'est pas rare d'entendre des dames arborant visons et perles fines demander à payer en plusieurs fois). Nous ne sommes pas à Dinard.

Toujours est-il que quand j'ai vu cette jupe aux motifs fleuris, je n'ai pas vraiment pensé à la Sainte Russie mais plutôt aux luxueux tabliers peints de la région de Lorient.

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Avant la guerre, la plupart des tabliers étaient brodés. Je pense que la peinture fit son apparition au fur et à mesure que disparaissaient les brodeurs. De plus, l'ornementation des costumes coûtait ainsi bien moins cher sans perdre pour autant de son faste.
Encore une preuve qu'en matière de mode, on a les mêmes soucis d'un siècle à l'autre...